Métronidazole
Autres actions
Spectre
Anaérobes stricts et certains protozoaires SEULEMENT : aucune activité sur les bactéries aérobies
Dans une infection polymicrobienne, toujours l'associer à un agent qui couvre les aérobes
- Anaérobes du haut et du bas du diaphragme
- Gram négatif : Bacteroides fragilis, Prevotella, Fusobacterium
- Clostridium spp, incluant C. difficile
- Protozoaires : Trichomonas vaginalis, Giardia lamblia, Entamoeba histolytica
- Gardnerella vaginalis (vaginose bactérienne)
Indications principales
Molécule de choix pour ajouter une couverture anaérobe à un antibiotique qui n'en a pas (ex. ceftriaxone, céfépime, ciprofloxacine)
Infections intra-abdominales
- Infection intra-abdominale, abcès hépatique pyogène, en association avec un agent contre les aérobes
- Abcès amibien hépatique et colite amibienne (suivre d'un agent intraluminal)
Infections système nerveux central
- Abcès cérébral (en association, excellente pénétration du SNC)
Infections gynécologiques et ITSS
- Vaginose bactérienne, trichomonase
Infections digestives
- C. difficile : n'est plus un premier choix. La vancomycine PO ou la fidaxomicine sont privilégiées selon les guides récents
- Option si les agents de premier choix ne sont pas accessibles, pour un épisode non sévère
- Infection fulminante : métronidazole IV en ajout à la vancomycine PO (ou par voie rectale si iléus)
- Giardiase
- Éradication de Helicobacter pylori (selon les schémas en vigueur)
Pharmacocinétique et biodisponibilité
BIODISPONIBILITÉ PO PRATIQUEMENT 100 % : la forme IV n'est pas nécessaire sauf si le patient ne peut pas prendre ou absorber le PO (choc, iléus, malabsorption)
- Traverse le SNC
- Métabolisme hépatique
- Pas d'ajustement en insuffisance rénale
- Insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C) : considérer une réduction de la dose de 50 %
Perles cliniques
Interaction majeure avec la warfarine (hausse importante de l'INR) : surveiller l'INR de près ou ajuster
- Effet de type disulfirame (antabuse) avec l'alcool classiquement décrit : bouffées vasomotrices, palpitations, sudation, douleur abdominale, nausées et vomissements
- On recommande classiquement d'éviter l'alcool pendant le traitement et jusqu'à 72 h après (l'importance réelle de cet effet est débattue)
- Goût métallique et urines foncées : fréquents et bénins, à mentionner au patient
Posologie
Dose standard : 500 mg PO/IV q12h (q8h selon le protocole local)
Pas d'ajustement en insuffisance rénale.
Effets indésirables et suivi clinique particulier
Neurotoxicité lors d'un usage prolongé (habituellement plus de 4 semaines) : neuropathie périphérique, encéphalopathie (souvent cérébelleuse), convulsions. Questionner les paresthésies.
- Nausées, vomissements, inappétence : effets les plus fréquents
- Goût métallique
- Diarrhée, céphalées
- Neuropathie périphérique (parfois irréversible) avec l'usage prolongé
- Encéphalopathie, ataxie, convulsions (rares)