Sérologies
De Microguide.ca
Autres actions
Une sérologie ne mesure pas le microbe : elle mesure la réponse du patient au microbe. Elle parle donc du passé immunologique autant que du présent.
Principe
- La sérologie recherche, dans le sérum du patient, les anticorps dirigés contre un agent infectieux (parfois, à l'inverse, un antigène de cet agent, comme l'AgHBs ou l'antigène p24 du VIH).
- IgM : apparaissent les premières, sont transitoires. Elles suggèrent une infection récente, mais elles sont aussi la source principale de faux positifs.
- IgG : apparaissent plus tard et persistent, souvent à vie. Des IgG positives isolées signifient une exposition antérieure — infection ancienne, infection guérie, ou vaccination — et non une infection active.
Séroconversion et sérums pairés
- Séroconversion = passage d'une sérologie négative à positive entre deux prélèvements. C'est l'argument le plus solide d'une infection récente.
- Sérums pairés : un sérum en phase aiguë et un sérum en phase de convalescence, prélevés à quelques semaines d'intervalle et testés dans la même série. Une augmentation significative du titre entre les deux appuie le diagnostic.
- Conséquence pratique : c'est souvent un diagnostic rétrospectif. Il ne guide pas la prise en charge de la nuit.
La fenêtre sérologique
Une sérologie négative faite trop tôt n'exclut pas l'infection.
- C'est la période entre la contamination et l'apparition d'anticorps détectables : le patient est infecté mais séronégatif.
- Elle est particulièrement pertinente pour le VIH, les hépatites virales, la syphilis et la maladie de Lyme.
- Sa durée varie selon le pathogène et selon la génération de trousse utilisée. Pour le dépistage des ITSS, les délais de reprise et les algorithmes à suivre au Québec sont ceux de l'INESSS (guides sur les ITSS) : s'y référer plutôt que de se fier à une durée retenue de mémoire.
- En cas de doute, le laboratoire ou le microbiologiste de garde peut préciser le test utilisé et le délai de reprise.
Faux positifs et faux négatifs
Faux positifs
- Réactions croisées entre agents apparentés
- Maladies auto-immunes, facteur rhumatoïde (surtout pour les IgM), gammapathies
- Grossesse, infection virale aiguë concomitante (réactivation polyclonale)
- Vaccination antérieure, interprétée à tort comme une infection
- IgG maternelles transmises chez le nouveau-né, qui persistent plusieurs mois
Faux négatifs
- Prélèvement fait pendant la fenêtre sérologique
- Immunosuppression : réponse humorale diminuée ou absente (greffé, agammaglobulinémie, rituximab, VIH avancé)
- Traitement précoce ayant écourté la stimulation antigénique
Ce qu'une sérologie ne dit pas
Une sérologie ne fait pas le diagnostic d'une infection bactérienne aiguë courante. Pneumonie, cellulite, infection urinaire, bactériémie : c'est la culture qui tranche, pas la sérologie.
- Elle ne donne aucun antibiogramme et ne permet aucun ajustement de spectre.
- Des IgG positives ne prouvent pas que le symptôme actuel est causé par cet agent.
- Elle ne distingue pas toujours infection active, infection guérie et vaccination — d'où l'importance de l'algorithme complet (test de dépistage, puis test de confirmation) plutôt que d'un résultat isolé.
Quand la sérologie est réellement utile
- Agents difficiles ou impossibles à cultiver de routine : syphilis, maladie de Lyme, Bartonella, Coxiella burnetii, Brucella
- Virus : VIH, hépatites A, B et C, EBV, CMV, rougeole, rubéole, varicelle
- Statut immunitaire : preuve d'immunité avant une greffe, une grossesse, une immunosuppression ou une vaccination
- Diagnostic rétrospectif d'une infection déjà résolue
Voir aussi : Tests moléculaires (PCR et TAAN) · Hémocultures · Tests de laboratoires