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« Clindamycine » : différence entre les versions

De Microguide.ca
Création de la fiche Clindamycine (brouillon rédigé par Claude, à relire)
 
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Version du 10 octobre 2026 à 03:19

Spectre

Gram positifs et anaérobes seulement : AUCUNE activité sur les bacilles gram négatifs aérobes

Ne pas s'y fier pour Bacteroides fragilis : résistance croissante, pas un choix pour l'intra-abdominal

  • S. aureus sensible à la cloxacilline
  • Une partie des SARM, surtout communautaires : se fier à l'antibiogramme
  • Streptocoques, dont le streptocoque du groupe A (résistance en hausse : se fier à l'antibiogramme)
  • Anaérobes de la flore buccale (au-dessus du diaphragme), C. perfringens, Actinomyces
  • B. fragilis : résistance fréquente, ne pas l'utiliser seule pour couvrir les anaérobes digestifs (préférer le métronidazole)
  • Ne couvre PAS : bacilles gram négatifs aérobes (entérobactéries, Pseudomonas, H. influenzae), entérocoques
  • Activité sur certains parasites (Toxoplasma, Plasmodium, Babesia), en association, et sur Pneumocystis (avec la primaquine)
  • Bactériostatique (inhibe la synthèse protéique, sous-unité 50S)

Indications principales

Surtout une alternative en allergie aux bêta-lactamines, et un ajout anti-toxinique dans les infections graves à SGA ou à S. aureus.

Infections tissus mous

  • Cellulite ou érysipèle chez le patient allergique aux bêta-lactamines
  • Abcès ou infection cutanée à SARM sensible (option orale, comme la doxycycline)
  • Fasciite nécrosante à SGA et syndrome de choc toxique (streptococcique ou staphylococcique) : en association avec une bêta-lactamine (ex. pénicilline G), en plus du débridement chirurgical

Infections ORL et dentaires

  • Infection odontogénique ou cervicale profonde chez le patient allergique aux bêta-lactamines
  • Pharyngite à SGA chez le patient allergique, si souche sensible (voir le guide de l'INESSS)

Infections ostéoarticulaires

  • Ostéomyélite ou arthrite septique à staphylocoque ou streptocoque sensible : bonne option de relais oral

Infections autres

  • Vaginose bactérienne (alternative au métronidazole, PO ou intravaginale) : se référer à l'INESSS
  • Toxoplasmose, paludisme grave, babésiose et pneumocystose : situations particulières, en association, avec l'avis de l'infectiologie

Pharmacocinétique et biodisponibilité

Excellente biodisponibilité PO (environ 90 %) : le PO est à privilégier dès que le patient peut l'avaler et l'absorber

  • Bonne diffusion tissulaire, dont l'os et les abcès
  • Faible pénétration dans le LCR : ne pas utiliser pour une méningite
  • Métabolisme hépatique : pas d'ajustement en insuffisance rénale
  • Prudence en insuffisance hépatique sévère

Perles cliniques

Test D : une souche résistante à l'érythromycine mais « sensible » à la clindamycine peut avoir une résistance inductible (gène erm). Si le test D est positif, considérer la souche résistante à la clindamycine.

  • Effet anti-toxinique : la clindamycine inhibe la production des toxines (streptococciques et staphylococciques). Son efficacité ne dépend pas de la phase de croissance bactérienne
    • C'est un ajout à la bêta-lactamine, jamais une monothérapie dans ces infections graves
  • Un des antibiotiques les plus associés au C. difficile : bien peser l'indication, surtout chez la personne âgée ou hospitalisée
  • Clindamycine vs métronidazole : le métronidazole est plus fiable pour les anaérobes sous le diaphragme (B. fragilis)
  • Alternative en allergie : avant de choisir la clindamycine, vérifier si l'allergie aux bêta-lactamines est réelle (voir pénicilline)

Posologie

PO : 300 à 450 mg PO QID

IV : 600 mg IV q8h

Fasciite nécrosante, choc toxique ou infection grave : 900 mg IV q8h (en association)

Pas d'ajustement en insuffisance rénale.

Effets indésirables et suivi clinique particulier

Risque élevé de diarrhée à C. difficile : cesser et investiguer devant toute diarrhée pendant ou après le traitement.

  • Diarrhée, nausées, goût métallique
  • Œsophagite : prendre les capsules avec un grand verre d'eau, sans se coucher juste après
  • Rash (fréquent); réactions cutanées graves (rares)
  • Élévation des transaminases
  • Peut potentialiser les bloqueurs neuromusculaires

Lors d'un traitement prolongé, prévoir au moins 1 fois par semaine : FSC et bilan hépatique.

Relais per os

Le relais se fait par la clindamycine PO, grâce à son excellente biodisponibilité.

À discuter avec un infectiologue selon le tableau clinique.