Clindamycine
Autres actions
Spectre
Gram positifs et anaérobes seulement : AUCUNE activité sur les bacilles gram négatifs aérobes
Ne pas s'y fier pour Bacteroides fragilis : résistance croissante, pas un choix pour l'intra-abdominal
- S. aureus sensible à la cloxacilline
- Une partie des SARM, surtout communautaires : se fier à l'antibiogramme
- Streptocoques, dont le streptocoque du groupe A (résistance en hausse : se fier à l'antibiogramme)
- Anaérobes de la flore buccale (au-dessus du diaphragme), C. perfringens, Actinomyces
- B. fragilis : résistance fréquente, ne pas l'utiliser seule pour couvrir les anaérobes digestifs (préférer le métronidazole)
- Ne couvre PAS : bacilles gram négatifs aérobes (entérobactéries, Pseudomonas, H. influenzae), entérocoques
- Activité sur certains parasites (Toxoplasma, Plasmodium, Babesia), en association, et sur Pneumocystis (avec la primaquine)
- Bactériostatique (inhibe la synthèse protéique, sous-unité 50S)
Indications principales
Surtout une alternative en allergie aux bêta-lactamines, et un ajout anti-toxinique dans les infections graves à SGA ou à S. aureus.
Infections tissus mous
- Cellulite ou érysipèle chez le patient allergique aux bêta-lactamines
- Abcès ou infection cutanée à SARM sensible (option orale, comme la doxycycline)
- Fasciite nécrosante à SGA et syndrome de choc toxique (streptococcique ou staphylococcique) : en association avec une bêta-lactamine (ex. pénicilline G), en plus du débridement chirurgical
Infections ORL et dentaires
- Infection odontogénique ou cervicale profonde chez le patient allergique aux bêta-lactamines
- Pharyngite à SGA chez le patient allergique, si souche sensible (voir le guide de l'INESSS)
Infections ostéoarticulaires
- Ostéomyélite ou arthrite septique à staphylocoque ou streptocoque sensible : bonne option de relais oral
Infections autres
- Vaginose bactérienne (alternative au métronidazole, PO ou intravaginale) : se référer à l'INESSS
- Toxoplasmose, paludisme grave, babésiose et pneumocystose : situations particulières, en association, avec l'avis de l'infectiologie
Pharmacocinétique et biodisponibilité
Excellente biodisponibilité PO (environ 90 %) : le PO est à privilégier dès que le patient peut l'avaler et l'absorber
- Bonne diffusion tissulaire, dont l'os et les abcès
- Faible pénétration dans le LCR : ne pas utiliser pour une méningite
- Métabolisme hépatique : pas d'ajustement en insuffisance rénale
- Prudence en insuffisance hépatique sévère
Perles cliniques
Test D : une souche résistante à l'érythromycine mais « sensible » à la clindamycine peut avoir une résistance inductible (gène erm). Si le test D est positif, considérer la souche résistante à la clindamycine.
- Effet anti-toxinique : la clindamycine inhibe la production des toxines (streptococciques et staphylococciques). Son efficacité ne dépend pas de la phase de croissance bactérienne
- C'est un ajout à la bêta-lactamine, jamais une monothérapie dans ces infections graves
- Un des antibiotiques les plus associés au C. difficile : bien peser l'indication, surtout chez la personne âgée ou hospitalisée
- Clindamycine vs métronidazole : le métronidazole est plus fiable pour les anaérobes sous le diaphragme (B. fragilis)
- Alternative en allergie : avant de choisir la clindamycine, vérifier si l'allergie aux bêta-lactamines est réelle (voir pénicilline)
Posologie
PO : 300 à 450 mg PO QID
IV : 600 mg IV q8h
Fasciite nécrosante, choc toxique ou infection grave : 900 mg IV q8h (en association)
Pas d'ajustement en insuffisance rénale.
Effets indésirables et suivi clinique particulier
Risque élevé de diarrhée à C. difficile : cesser et investiguer devant toute diarrhée pendant ou après le traitement.
- Diarrhée, nausées, goût métallique
- Œsophagite : prendre les capsules avec un grand verre d'eau, sans se coucher juste après
- Rash (fréquent); réactions cutanées graves (rares)
- Élévation des transaminases
- Peut potentialiser les bloqueurs neuromusculaires
Lors d'un traitement prolongé, prévoir au moins 1 fois par semaine : FSC et bilan hépatique.
Relais per os
Le relais se fait par la clindamycine PO, grâce à son excellente biodisponibilité.
À discuter avec un infectiologue selon le tableau clinique.